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"Parce que tous les sujets de la transition écologique sont liés, nous devons construire une réponse globale et cohérente"

L'année 2019 a constitué une année-clé pour l'ADEME. Arnaud Leroy, Président de l'Agence depuis 2018, revient sur ses priorités et les ambitions affichées.

L'ADEME se présente désormais comme l'Agence de la transition écologique. Pourquoi cette évolution ?

Notre nouveau positionnement répond à une double nécessité : d'une part, l'ADEME a élargi son champ d'action, en se voyant confier de nouvelles missions, telles qu'accompagner la décarbonation de l'économie ou encore outiller chacun dans l'adaptation au changement climatique. 

D'autre part, nous constatons chaque jour que tous nos sujets sont liés : alimentation et climat ; biodiversité et énergie ; artificialisation des sols et mobilité ! D'où notre volonté d'adopter un positionnement plus global, qui se reflète dans ce terme de transition écologique.

L’année écoulée vous a-t-elle conforté dans cette orientation ?

Assurément ! Les demandes qui nous sont faites, tant par les acteurs économiques que par les collectivités, témoignent de leur besoin de bénéficier d'un accompagnement global. Si, par le passé, nous avons souvent "saucissonné" les enjeux, la priorité consiste aujourd'hui à apporter des réponses intégrées. Prenons l'exemple des contrats de transition écologique : un dispositif à destination des collectivités locales, imaginé par le Gouvernement et porté par l'ADEME. Ces contrats marient approche écologique, dimension industrielle et la question essentielle de l'emploi.

Grand public, collectivités, entreprises : les 3 publics-cible de l’ADEME sont-ils tous engagés dans ces processus de transition écologique ?

Nous avons aujourd'hui besoin de beaucoup plus de fantassins de la transition écologique ! L'ambition affichée de la France d'atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050 l'exige.

Arnaud Leroy, Président de l’ADEME

Chez le grand public comme chez une grande partie des acteurs économiques - et ce, quelle que soit leur taille ! -, on sent la volonté d'accélérer.

Les discussions entourant la loi PACTE ont bien démontré que les entreprises s'interrogent sur leur mission, et que l'environnement y jouera une part capitale. Les marches pour le climat ont fait l'éclatante démonstration de la mobilisation de notre jeunesse. Et je suis intimement convaincu que la situation que nous avons eu collectivement à affronter en 2020 contribuera à accélérer la prise de conscience de chacun sur les limites de notre modèle de développement actuel.

C'est notre responsabilité aujourd'hui que d'accompagner tous ces publics à aller plus loin. L'ADEME une interlocutrice connue et régulière des avant-gardistes de la transition écologique, mais nous devons aller aujourd'hui plus loin et élargir nos publics touchés. Nous espérons que l'Agence nationale de la Cohésion des territoires (ANCT), nouvellement créée, permettra de répondre à cette ambition. Nous avons aujourd'hui besoin de beaucoup plus de fantassins de la transition écologique ! L'ambition affichée de la France d'atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050 l'exige.

Identifiez-vous d'autres axes de travail prioritaires pour l'Agence ?

Une des ambitions de mon mandat, c'est de travailler sur l'évolution des métiers dans cette transition écologique, et non pas seulement sur les nouveaux métiers nés de cette transition ! Comment assurer la transformation des emplois conventionnels ? Maintenir, renforcer et développer nos bassins d'emplois est une condition essentielle à l'acceptabilité sociale de la transition écologique.

Le mouvement des gilets jaunes nous a démontré que pour nombre de nos concitoyens, la transition écologique est synonyme de davantage de craintes (fiscales, d'emploi, etc.) que d'opportunités. C'est contre cette perception que nous devons lutter, et c'est ce à quoi nous nous sommes employés en mettant les expertises de l'Agence au service des Français dans le cadre par exemple du Grand débat national organisé en 2019.